• Ces français qui ne veulent pas d'enfants...

    par Jean-Jacques

    J’ai été frappé hier soir, et je dirai même choqué, par un petit reportage du Journal de 20 heures de France 2 portant sur les couples refusant volontairement d’avoir un enfant. Il apparaît deux raisons à cette volonté délibérée :

    -      ceux qui agissent par pur égoïsme, ne voulant en aucun cas être dérangés dans leur vie confortable par la présence souvent contraignante d’un enfant, mais qui l’assument malgré le regard généralement désapprobateur des autres ;

    -       ceux qui disent obéir à une volonté politique ou écologique pour limiter la multiplication de la population humaine sur une Terre qui n’aura bientôt plus la possibilité de la nourrir convenablemen

    Aucune de ces raisons ne me semble défendable, du moins dans nos pays développés.

    Pour la première attitude, tout est dans le mot « égoïsme », il y a peu de choses à rajouter. On peut néanmoins la comprendre ou l’approuver pour les personnes psychologiquement faibles, ou qui n’auront pas la capacité physique ou mentale d’élever correctement un enfant.

    Pour la seconde, je pense que, soit c’est une fausse raison pour ne pas être taxé d’égoïsme (c’est donc la même chose que la précédente, sans le courage de l’assumer), ou alors c’est une erreur majeure. En effet, si je suis bien d’accord sur le fait qu’il faut essayer de trouver un moyen pour limiter la population mondiale, ce n’est pas dans nos pays occidentaux qu’il faut agir en priorité : ils sont déjà en sous-natalité, et la population de la plupart des grands pays baisse et vieillit, sauf à faire appel à l’immigration, ce que beaucoup ne veulent pas. C’est en Asie et en Afrique qu’il faut trouver des solutions, soit en réduisant d’autorité le nombre d’enfants comme en Chine, avec des effets secondaires terribles (infanticides, explosion du nombre de garçons aux dépens de celui des filles, etc), soit par l’éducation des populations menant naturellement vers une autolimitation.

    Qu’on ne me taxe pas pour autant d’avoir une vision étroitement occidentale des choses : si on suit le raisonnement de ces personnes qui ne veulent pas d’enfants, dont le nombre augmente dans les pays développés, à quoi va-t-on aboutir ? Dans cinquante ans, nous aurons une Europe et une Amérique vidées de leur population, pleines de vieillards enfermés dans des bunkers, continuant à consommer quatre ou cinq fois plus de ressources que le reste du monde, et un Tiers-Monde surnuméraire et crevant de faim, ne rêvant que d’aller occuper les contrées des vieux pays « évolués ». Ou alors l’immigration aura déjà remplacé les populations d’aujourd’hui, et nous aurons un « Occident » qui ne ressemblera plus à celui que nous connaissons. Reste à savoir si c’est un bien ou un mal, mais dans les deux cas l’impact écologique sera le même, les pays développés, qu’ils soient occupés par une faible population originelle ou par des immigrés intégrés, consommeront toujours autant de ressources non renouvelables. 

    Autrefois, la population se maintenait ou croissait faiblement, car si les femmes avaient couramment beaucoup d’enfants, ce nombre se réduisait considérablement en raison de la mortalité infantile. Aujourd’hui, le développement de l’hygiène et de la médecine, même dans les pays isolés et en développement, fait que cette régulation par la mort des enfants n’existe plus, alors que presque rien n’a changé dans les mœurs sexuelles et familiales : le flux d’entrée est toujours important, le flux de sortie s’est réduit, et la baignoire se remplit…

    Ce qu’en dit Henri Léridon, titulaire de la chaire de démographie au Collège de France :

    «L’heureux père de 8 enfants dans un pays d’Afrique ou d’ailleurs qui croit perpétuer ainsi la tradition de ses ancêtres se trompe lourdement. Certes sa grand-mère a peut-être accouché 8 fois, mais jamais sa famille n’a véritablement compté 8 enfants car 2 d’entre eux étaient décédés avant 1 an et guère plus de 3 étaient encore en vie à 20 ans. Alors qu’aujourd’hui avec une espérance de vie de 55 ans, 6 des 8 enfants atteindront leur 20° anniversaire. »

     

    Il existe un Collectif s’intitulant « Démographie responsable », qui essaie de traiter la question de la démographie mondiale, mais je trouve qu’on y exprime plus de bons sentiments ou de besoins de faire « quelque chose », qu’on y traite de solutions possibles, envisageables, ou même simplement de directions à suivre.

    http://www.demographie-responsable.org/

    « La conscience morale"Penser entre les langues" de Heinz Wismann »

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  • Commentaires

    1
    Marie Odile
    Mardi 11 Septembre 2012 à 17:52

    La régulation est en train de se faire d'elle-même dans tous les pays. C'est ce qu'on appelle la transition démographique. Elle est achevée en Occident, en cours dans les pays émergents et elle a commencé même en Afrique. C'est pourquoi on prévoit un maximum ou un plateau aux alentours de 2050 à 9-10 milliards. C'est déjà beaucoup, c'est vrai.Et surtout c'est très bientôt.

    Il ne faut pas désespérer de l'humanité ! La clé, qu'on se le dise, c'est l'éducation des femmes. Il aurait été mille fois plus efficace de les éduquer plutôt que de les forcer à avorter ou autres moyens de coercition utilisés dans le pays d'Asie, ou encore de les laisser faire trop d'enfants ailleurs.

    L'Afrique est un continent sous-peuplé, sa population va s'accroître d'un milliard d'habitants d'ici 2050 avant de se stabiliser ou de décroître. Ce sera alors le seul continent jeune... Son économie est en train de décoller (7% de croissance).

      • Paul Aubrin
        Samedi 6 Mai à 22:28

        Cette opinion est confirmée par les statistiques mondiales.

        Le nombre d'enfants par femme qui était de 5 en 1965 est tombé à moins de 2,5.

        Il ne reste élevé que dans les pays peu développés, principalement en Afrique.

        La meilleure façon de "sauver la planète" est donc d'aider les populations encore sous-développées à atteindre la prospérité.

         

    2
    montigny Profil de montigny
    Jeudi 20 Septembre 2012 à 23:18

    Nous faisons aussi des enfants par égoïsme ou du moins par intérêt : pour qu’ils s’occupent de nous lorsque nous serons vieux, pour qu’ils payent nos retraites. Moins de 1 milliard de personnes peuplent ce qu’il est convenu d’appeler les pays riches et ont un niveau de vie de 6. Presque 4 milliards de personnes peuplent ce qu’il est convenu d’appeler les pays émergents et ont un niveau de vie de vie de 1. Les premiers bipèdes – habitants de l’Europe, des Etats-Unis et du Japon – sont surtout riches de dettes. Chez les seconds, le niveau de vie progresse, non par l’endettement mais par le travail. Petit problème, si tout le monde avait un niveau de vie de 6 – nivellement par le haut – la consommation de matières premières serait telle que plus de deux ou trois fois la Terre n’y suffirait pas. Rien qu’au niveau actuel, nous sommes déjà trop gourmands. Depuis les années 1970, l’humanité est en surconsommation écologique avec une demande annuelle de ressources naturelles qui excède ce que la Terre peut fabriquer en 365 jours. Aujourd’hui, la Terre régénère en dix-huit mois ce que nous consommons en un an. Pouvons-nous continuer de la sorte ? Comparer un Américain avec un Indien, c’est presque comparer un chou avec une tomate. Un Occidental en moins sur la Terre est plus profitable à celle-ci qu’un Africain en moins. Il faut par contre accepter de travailler plus longtemps pour subvenir à nos propres besoins. Il ne s’agit pas d’arrêter de faire des enfants mais d’avoir un taux de fécondité par femme de 1,8 enfants pour avoir une décroissance lente. Certains pays européens sont bien en-dessous des 1,8. On pourrait que nous sommes près des 1,8 enfants par femme et cela est très bien d’une certaine manière. Nous sommes donc sur la bonne pente et que ceux qui veulent des enfants en fassent mais de manière mesurée. Jean-Paul.

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