• Retour vers le passé

    par Pierre MARSAL

    Aujourd’hui, mardi 2 juin 2020, à midi, doit sortir en France l’application numérique StopCovid, destinée à repérer la circulation du virus dans la population.

    Une grande première ? Pas si sûr : on ne fait que reproduire le système des crécelles qui, au Moyen-Age, avertissaient les populations du passage de personnes infectées par la peste ou la lèpre.

     En fait cette pandémie nous fait redécouvrir des gestes et de coutumes ancestrales. A se demander si l’on ne cherche pas plus à reproduire des rites sociaux que de viser l’efficacité.

     On peut en effet reprendre une à une toutes ces mesures et les comparer avec les pratiques du passé.

    - Les masques ? Nous avons tous vu ces curieuses gravures représentant les médecins et les apothicaires de ces temps reculés, portant de curieux masques en forme de becs d’oiseaux, emplis de substances susceptibles de détruire les miasmes pestilentiels (vinaigre, onguents, herbes diverses, thériaque galénique et même poudre de peau de vipère !).

    - Le confinement social : il était depuis longtemps utilisé contre les épidémies, même les épidémies de la pensée : ainsi Spinoza, maudit pour ses idées par sa communauté, fut interdit d’approche à moins de 4 coudées de lui (environ 2 mètres). Pour les personnes physiquement atteintes furent créés les lazarets. A notre époque moderne on utilise les centres de vacances ou les hôtels. Petit progrès tout de même : on est passé de la quarantaine à la quatorzaine. Ça a au moins enrichi le vocabulaire !

    - La ségrégation : ce sont évidemment toujours les autres les coupables. Jadis c’étaient les Juifs. Aujourd’hui ce furent d’abord les Asiatiques à être suspectés, mais aussi tous les passeurs de frontière. Mais aussi des voisins qui, pour une raison ou une autre, auraient pu être des vecteurs du mal (certaines infirmières furent victimes de vindicte de voisinage).

    - Les tests : aujourd’hui on utilise des écouvillons. Jadis on détectait les sorcières de façon analogue en enfonçant sur toutes les parties du corps des pauvres femmes suspectées – sur simple dénonciation -- de commerce avec le Diable, de longues aiguilles métalliques. Si elles ne saignaient pas ou ne ressentaient aucune douleur c’est qu’elles étaient protégées par le démon. Alors on les brûlait.

    Une seule chose est proscrite : plus de processions de pénitents. Mais il reste Internet pour permettre une expression collective d’inquiétudes individuelles.

     

     

    « Infirmières versus traders...Politique et valeurs républicaines »

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :